Voy

Viens, approche. N’aie pas peur. Voilà. Mets le bandeau sur tes yeux. Comme ça, c’est bien. Maintenant tu prends le ballon dans tes mains. Vas y, touche le. Il est plus petit, et il est plus dur aussi. Maintenant pose le et met le pied dessus. N’aie pas peur, je te tiens. Tu entends le goal. Voilà, c’est bien. Attention, je te lâche. Tu tiens ? Bon, maintenant, tu shootes. Bien. Ce n’est pas passé loin. Attends, n’enlève pas encore le bandeau. On va essayer autre chose. Prends le ballon, pose le. Mets le pied dessus. Maintenant tu recules de trois pas. Un, deux et trois. Tu entends à nouveau le goal ? Vas y, shoote. C’est pas mal, tu as failli rater le ballon mais tu l’as tout de même touché. Qui veut essayer ?

Tels sont les mots de l’entraîneur des joueurs de foot aveugles envers un public non-initié à la pratique du cécifoot. …

Peu voir, ne pas voir ou bien voir, les moteurs de la vie sont les mêmes…Nos aspirations, nos ressentis, notre universel est le même, et dans cet extra-ordinaire que vivent les malvoyants et aveugles, les mouvements de vie sont les mêmes que pour les voyants. Le handicap n’est pas un frein, la différence n’est pas constitutive d’une anormalité. De la sphère sociale à la sphère de l’intime, mon regard se veut ouvert et sans compassion.

titre photo

année

Quam quidem partem accusationis admiratus sum et moleste.